Devenir plus quincertain pour la jeunesse homosexuelle !
Un lien pour mon copain Damien, histoire qu'il se détende un peu !
http://twentysomething.free.fr/index.php/chap1/
Mais soyons sérieux un peu ! Le problème, il est là !
Les témoignages de jeunes homosexuel(s) et de leurs aînés, ceux qui les soutiennent, sont en effet de plus en plus nombreux et révèlent un nouveau drame sociétal auquel les animateurs d’associations ne sont pas encore ou assez sensibles. A l’heure d’une gay-pride durant laquelle on exige de manière très générique l’égalité des droits (et en particulier le mariage, le droit d’adoption), on devrait en même temps se préoccuper des droits fondamentaux dont ne jouissent pas les jeunes homosexuels : logement, santé, formation, ressources… Ceux là font l’objet de discriminations croisées. Jeunes d’abord, aucun dispositif institutionnel efficace n’existe quant il se trouve dans la spirale de la précarisation. Homosexuel ensuite, beaucoup d’entre eux subissent une homophobie parentale féroce et celle de milieux franchement ou modérément hostiles (trop souvent des groupes d’adolescents et de jeunes adultes). L’ignorance affectée ou la compassion d’adultes sensibles mais peu enclins à l’engagement (quelques enseignants, travailleurs sociaux, un oncle, un voisin…) renforcent la prégnance d’un sentiment d’abandon. Si le jeune homosexuel intègre la visibilité de sa nature, l’exige de manière identitaire et que son parcours de vie n’a pas été favorable à son épanouissement et à son insertion sociale, c’est un énorme courage qu’il lui faut pour affronter les institutions auquel il s’adresse pour que ses droits fondamentaux lui soient garantis.
Le premier réflexe quant on ne sent pas en sécurité est celui du refuge communautaire. Le jeune cherche alors des repères, des personnes de confiance. Deux champs s’offrent à lui : celui du secteur marchand et de loisirs, celui du multimédia. Dans les deux cas, la convivialité renforce le sentiment d’appartenance communautaire. Dans le champ de business, le manque de ressource prive le jeune de capacité d’initiatives. Dans celui de l’Internet, la facilité d’accès rend l’usage du média totalement compulsif et en rajoute dans la confusion, pour des raisons que nous verrons tout à l’heure.
Qu'en est-il de l’intégrité morale des personnes concernées ? D’abord, au moment ou la fierté homosexuelle semble une banalité, il n’y en a aucune pour n’importe qui est en situation de précarité. Naturellement, et c’est une pudeur légitime, le jeune ne révèlera pas du premier coup que sa vie est une catastrophe. Ensuite, parce que toute relation entre celui-ci et un adulte, homosexuel comme lui, est perçu très majoritairement comme suspicieuse avec la prétention que le jeune devient sujet de manipulation ; ce qui peut être avérée mais qui de fait découle d’une marchandisation de la jeunesse homosexuelle. Enfin, parce que la précarisation, dans la période où, sensément, on fait des choix de vie, affecte profondément l’équilibre moral.
Internet apparaît comme un refuge : c’est le lieu ou le lien social est maintenu en permanence, Mais c’est aussi celui où la diversité et le nombre laissent croire que le possible relationnel est démultiplié. Avec un coût d’accès quasi nul, la rapidité des échanges permet d’imaginer très vite des scénarii. Et que pour qu’une tentative devienne une réalité, la confiance doit d’installer et donc les conversations longuement entretenues. Dans ce refuge et avec toutes ces facilités apparentes, le comportement ne peut être que compulsif. A ce stade, un autre facteur rentre en ligne de compte : celui de la tricherie et de l’hypocrisie. Les non-dits sont multiples, chez les jeunes mais également chez les adultes. Au choix, soit la confiance s’en trouve altérée dès sa construction ; soit la tentative de réalité se solde par un échec cuisant !
La pratique photographique dans le milieu gay mérite que l'on s'y attarde ; à traiter du point de vie anthropologique, avec des éclairages sociologique et psychanalystique et du point de vue du critique d'art. Les deux sujets sont à entendre : celui, photographié et l'auteur des images. On peut penser que cette relation existe pour le suhet aussi parce qu'elle conforte le sentiment d'intégration - l'image de soi propagée, et que pour les auteurs, dans la mesure où ils sont de plus en plus nombreux, elle révèle une dépression affective et une misère sexuelle grandissante.
Au bout du compte, le système facilite la voie de la prostitution même occasionnelle et renforce la suspicion d’une génération à l’égard des plus anciennes. Ce qui est étonnant, c’est le peu de visibilité de la plus jeune. Entre les lignes des lettres de 18/22 ans de Têtu, on pressent souvent une grande détresse. En quelques mois, dans mes rencontres, celles avec des jeunes homosexuels en très grande difficulté se sont multipliées. Au top des révélations, celles de jeunes africains, qui de là où ils sont, à travers des sites de rencontre, tentent une histoire « d’amour » !
Enfin, un autre éclairage est à porter sur ce qui n’est pas un phénomène, mais une tendance en exponentielle. On assiste à une mobilisation constante mais ronronnante contre le sida et pour les droits des malades, dans le même temps peu de jeunes homosexuelles connaissent le fait que ce sont leurs « sœurs aînées » qui les premières se sont mobilisées pour la prévention. Ce à quoi l’assiste également, c’est la recrudescence des comportements à risque et, mieux, ce dernier revendiqué par une minorité bruyante comme une liberté d’agir, tout en étant largement visible sur les sites pornographiques. Comment interpréter le peu d’engagement pour contrer une catastrophe sanitaire ? Comme l’aveu d’un échec chronique dans les campagnes de prévention ? Celui de la culpabilité ? De l’imprégnation sournoise de « n’ayant pas d’enfants… après moi le déluge ? » ? Et pour en revenir à la jeune génération homosexuelle, est-ce pour elle un repère stable que de constater que le groupe auquel ses membres cherchent à se rattacher vit une sorte de suicide collectif, permanent et inconscient ?
C’est en cela que la présence des deux principales formations politiques, dont une cette année de manière outrancière, est indécente. La gay-pride n’a pas plus le sens d’une mobilisation sociale (Ou alors, elle n’est plus l’anniversaire de Stone Wall !). Si ces jeunes homosexuel(e)s sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à vivre l’exclusion sociale, la dépression, c’est bien parce qu’en vingt ans, aucun dispositif n’a permis de renverser la tendance des processus d’exclusions, que la jeunesse est beaucoup plus désespérée qu’il y a dix ou vingt ans. Et je finirais par penser que le PACS, une évidence à première abord et s’il s’améliore ou se décline en mariage, n’est qu’un gadget de politique politicienne, avec une mobilisation fallacieuse : des droits pour un groupe de citoyens, non pas en marge mais au devenir plus qu’incertain pour les plus jeunes. Il y urgence à recadrer les motifs de mobilisation de la communauté, qui à mes yeux n’en est pas une puisqu’elle est incapable (à de très rares exceptions individuelles ou de quelques associations) de pérenniser et de rendre effectif un fondamental : le principe de solidarité.