Tentative d’explication de « ce qui ne va pas »

Publié le par Vincent Espagne

Cher Alain,

Tentative d’explication de « ce qui ne va pas » (voir : http://al1web.over-blog.com/ - La conversation, un art difficile, 4 janvier 2005).

Dans la jungle des sites de drague gay, un pseudonyme : Forever, et un profil : « Entre, ce que je pense, ce que je veux dire, ce je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilités que l’on ai des difficultés à communiquer, mais essayons quant même… » J’introduis la conversation :

-  De l’art d’émousser votre intransigeance … serais-je à la hauteur ? Il s’ensuit :

Forever : Que sais-je sur cette verve purpurine et assassine qui est la vôtre, et qui dans mes entrailles fait résonner le cri de ma jeunesse perdue et de mes vieux jours méconnus ! Pourquoi en ce jour si sombre mon intransigeance est mise à l’épreuve alors que tant que mes mannes vermilles se repaissent de jeunesse insouciante ?

Vespa : Tous les jours s’il vous plait, je pourrais vous faire douter ! Dans vos entrailles, encore faudrait-il que j’y pénétrasse… (La perte de la jeunesse se mesure-elle au diamètre du trou ?) Si le jour est sombre, c’est que vous l’avez souhaité. Pour y mettre de la lumière laissez vous aller… Même jeunesse perdue, vous en profiterez encore.

Forever : merde, là, ça devient trop « George Sand » pour moi. (lol) et si non tu t’appelles comment ?

Vespa : … George Sand…  je suis flatté ! A trop en faire, nos épanchements vont tâcher le clavier. Mais c’est agréable de contourner les dix difficultés…. Et tu sais y faire. » Fin de la conversation.

Combien sommes nous a errer dans ces méandres numériques ? Les fenêtres sont impitoyables : pas de gros, pas de velus, pas de folles, pas de maigres, pas de séropositifs… Quarante ans passés et plus rien n’est possible. Il n’y rien à comprendre. Il suffit d’admettre : l’homme est ainsi fait, plein d’exclusives. Je compatis à ta déception. Sont-ce vraiment des « dialogues », que ces échanges où la langue est abîmée, les mots contractés en choses imbitables, ces déclinaisons de mensurations, de fantasmes, de « trips » ? A la question « tu aimes quoi ? », je suis incapable de répondre en quelques lignes tellement la liste est longue. A celle « tu cherches quoi », je répond : « être surpris ! ».  Comme toi, j’en reviens. Et j’observe cet univers suintant la misère affective et sexuelle. Il y a, j’en suis certain, moyen de le contourner et nos blogs respectifs y contribuent. Nos marques bien visibles – mais pas toujours explicites – sont efficaces et je reste convaincu que nous pouvons nourrir des échanges enrichissant. Mais trouver l’autre moitié est une autre affaire. Chimie subtile, les échanges virtuels n’y suffisent pas. D’où ces ruptures brutales que tu déplores, des fins de non-recevoir. Nombreuses, elles finissent en effet par lasser. Jouons à un autre jeu…

Cordialement.

Publicité

Publié dans Chapô

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article