Spéciale dédicace à Fred (alias Mr Big) http://mrbig-life.com
Dedans la bête : une farce de foies de volaille, champignons rosés et cèpes séchés (ces derniers auront trempé dans de l’eau tiède jusqu’à retrouver leur mollesse), échalotes. Le tout est haché grossièrement, rallongé d’un peu de mie de pain mouillée au lait, de la graisse et du jus du foie gras de canard que j’ai préparé, il y a trois jours (avant sa cuisson, il avait mariné une nuit dans le madère et un trait de cognac.) Sel, poivre, muscade, thym, une gousse d’ail très finement haché. Autour : les petits navets. Il faut les trouver les plus petits et ronds possible. Deux bonnes cuillères à soupe de beurre (ou de ce machin à oméga, bientôt remboursé par la mutuelle !) dans une sauteuse. Les navets, en une couche, vont y cuire sous couvercle à feu très doux en prenant soin de les tourner régulièrement. Sel, poivre du moulin et une pointe de muscade, A mi cuisson, on saupoudre de sucre roux et on attend gentiment la caramélisation des navets, jusqu’à ce qu’ils soient d’une totale tendresse. On déglace le fond de la sauteuse d’un trait de vinaigre balsamique et d’un peu d’eau pour napper les boules de ce jus délicieux.
Et une purée de potiron et de petits poids. Le curcubitacé en tout petits morceaux et les petits poids sont cuits dans très peu d’eau. Passer au mixer avec le minimum de liquide. On épaissit sur feu doux avec un jaune d’œuf. Une noix de beurre, sel, poivre et persil haché très finement.
Marie-.Jeanne vient de trucider une douzaine de ses canards ! Les voilà en morceaux étalés sur la table ; une montagne de bidoche sanguinolante ! Avec deux cuisses, je concocte une soupe spéciale. Dans un fait-tout, on fait rissoller un oignon haché grossièrement et on y dépose les deux cuisses du canard. Tourne et retourne pour les faire dorer et qu'elles éliminent leur graisse, que l'on va recueillir (pour des petites patates un autre jour). Gros sel et poivre du moulin. On noie dans de l'eau et on y jette : une tranche de potiron, le quart d'un céleri rave, une carotte, un navet, deux pommes de terre, le tout taillé en gros dés. Deux feuilles de laurier, une branche de thym, quatre gousses de cardamone fendue, une pincée de canelle moulue, une de muscade. Couvrir et faire frémir jusqu'à ce que les légumes soient cuits. C'est gras, c'est chaud, but it's delicious !
La saison est définitivement pourrie ! Personne n’aura eu à souffrir de grosses chaleurs, mais tout de même ! D’où quelques exceptionnelles séances de confitures, pendant qu’un vent perfide tente d’entrer dans la maison. Dans l’ordre : fraise cerise ananas (en juin) – pêche brunion abricot – melon citron orange canelle – pêche vanille. C’est cette dernière que je préfère et décide de récidiver tout à l’heure avec une cagette de pêches blanches trouvée sur le marché. Bientôt les prunes : reines Claude, quetsche, mirabelles. Puis viendront les rosacées : poires, coings et pommes dont on fera gelées et aspics.
Melon citron orange : dix à douze petits melons (les choisir pas trop mûrs), deux oranges et deux citrons non traités, une bonne canelle en poudre. Les melons, une fois débités en morceaux de l’épaisseur de deux doigts, sont pesés puis placés dans la bassine à confiture (je préfère l’aluminium au cuivre) et couverts de leur poids en sucre. On arrose le tout du jus des quatres agrumes précités dont on garde les écorces. Toutes opérations à faire à la fraiche puisque la préparation va mariner toute la nuit (plus les melons sont mûrs, plus le jus va être abondant et la réduction longue). Au matin suivant, exraire à l’écumoire les morceaux de melons pour porter à ébulition le jus dans lequel on aura précipité les écorces débarrassées de leur peau blanche intérieure et finement émincées. Baisser le feu jusqu’à ce que le jus frémisse et laisser réduire ainsi sur la chaleur pendant une petite heure. A ce stade, on replace les melons par petites quantités pour ne pas faire chuter la température, le frémissement devant être constant. Canelle en poudre par toute petite dose jusqu’à l’obtention de sa saveur subtilement mêlée à celle du melon. Toute marmelade doit être remuée régulièrement pendant sa cuisson à l’aide d’une cuillère en bois. On goûte sur le dos de la cuillère en ayant patienté quelques secondes, la brûlure de la langue altérant le test de saveur. Après, une nouvelle petite heure, la confiture est prête à être empotée avec tout le cérémonial de rigueur : les pots et les couvertes auront été lavés à eau très chaude puis bien essuyés. On y verse d’abord à la cuillère le sirop, puis les fruits. Remplir jusqu’à 2 mm du bord. Essuyer à l’éponde humide ce bord. Fermer à fond (il s’agit de pots récupérés et donc à couvercle vissés) et renverser aussitôt le pot en le rangeant sagement pour qu’il repose ainsi, la tête en bas avec ces congénères, jusqu’au complet refroidissement.
(Pour finir de convaincre certains à séjourner quelques temps par ici – M et K se reconnaitront !)
Autre atelier de confiture avec un truc rare : le raisiné
Repérer quelques vignes vendangées mais disposant de quelques petites grappes de raisin noir : grenache ou muscat. Procéder donc à la grapille pour en ramener à la cuisine
quelques kilos. Laver le raisin et l’égrener dans une bassine à confiture. A feu doux, porter à ébullition. Les raisins vont éclater et libérer leur jus. On passe cette préparation au
presse-légume pour obtenir une purée trés fluide. Les pépins et les peaux retournent dans la bassine avec un peu d’eau pour les porter à nouveau à ébullition et les repasser ensuite dans le
presse-purée. Cette opération permet l’extraction de la pectine et du tanin : la pectine pour faire prendre le raisiné, le tanin pour une légère, mais agréable, amertume. Peser la purée pour
y ajouter 100 g de sucre par kilo de purée et le jus d’un demi citron pour deux kilos. Remettre sur un feu très doux et remuer régulièrement à la cuillère en bois, jusqu’à obtenir une purée toute
aussi onctueuse mais un plus ferme. La réduction par cuisson doit être lente. Le raisiné est prêt quant il ne goutte plus de la cuillère et se solidifie en refroidissant. Mettre en pots, après
avoir (comme d’hab) laver ceux-ci à l’eau bien chaude et bien essuyer. Remplir les pots à 2 mm du bord, les fermer et les disposer la tête en bas jusqu’au complet refroidissement.
Puis une confiture de prunes au Riesling
On peut mélanger quetches, reine-claudes, mirabelles… Sortir les noyaux et couper les fruits en morceaux grossiers. Les disposer dans la bassine à confiture. Ajouter 750 g
de sucre pour 1 kilo de fruits dénoyautés. Arroser abondamment de Riesling (1/2 demi bouteille de vin pour 1,5 kl de fruit). Cuire sur un feu très doux en remuant régulièrement jusqu’à ce que la
confiture nappe le dos de la cuillère. On prélève régulièrement l’écume sur le dessus. Mettre en pots. Sur une tranche de pain légèrement toastée et très efficace en accompagnement d’un
gibier.
Prochain atelier, une tuerie melon d'Espagne, grenade, grenadille et orange !
Dix jours de cuisine permettent forcément quelques trouvailles ! Mon must de la saison, un dessert est venu ainsi. 5 kilos de
bergamottes sont destinés à une marmelade réalisée en 4 étapes. Les morceaux de fruit ont trempé 24 heures dans l'eau. L'ensemble est porté à
ébullition, puis cuit à feu doux jusqu'à ce que la peau des fruits soit tendre. On retire du feu pour laisser refroidir quelque peu. 5 kilos de sucre vont rejoindre cette compote pour mariner encore 24 heures. Nouvelle cuisson, comme n'importe quelle confiture, jusqu'à ce que le sirop, en refroidissant,
nappe la cuillère.
Revenons en au dessert. J'ai prélevé un peu de cette compote avant la deuxième cuisson. Dans chaque coupe à glace : 3 litchis épluchés et
dénoyautés, un petit trait d'eau de fleur d'oranger, deux boules d'une bonne glace à la vanille, deux
cuillères à soupe de compote de bergamotte, un bon trait d'Armagnac. La bergamotte est plus amère que
l'orange. En trouver, de plus exempte de traitement, n'est pas chose facile. On peut faire la compote avec quelques oranges non traitées.
Un truc épatant pour finir un repas de fête : le détournement de profiteroles. Trois parfums de glace ou sorbet vont
fourrer les choux. La sauce au chocolat est remplacé par une substance glissante, en accord avec le parfum des glaces + un "décor" relevant l'ensemble. Cette année j'ai fait : sorbets
de pamplemousse, de fruit de la passion et ananas dans les choux. Les figues confites de Mr Ayad sont disposés sur les choux dressés sur le plat de service. Le décor : des
pistaches (non salées !) sont concassées, puis, avant le service du dessert, dorées dans un peu de beurre, lègerment caramélisé au radapura (un sucre très roux). Ajouter
quelques gouttes de vanille, une petite pincée de cardamone puis le sirop qui accompagnait les figues.
Dans cette sauce exquise, mélanger au dessus du feu un hachis d'agrumes confits : cédrat, mandarine, orange, citron... puis napper les choux et les figues.
Le détournement se réalise une demi-heure avant de passer à table. Le dessert est placé au congélateur, mais les choux eux, ne doivent pas avoir congelé. La sauce et le décor doivent être chaud
est disposé juste avant le service.
Autre mélange, plus classique et très riche : glaces au marron, à la praline, vanille-rhum-raisin. La sauce : un caramel liquide, enrobant des fruits secs concassés (amandes, noix,
noisettes), flamber au rhum.
Celles et ceux qui veulent savoir ce que j'ai comis avant ces délicatesses n'ont qu'à le demander !