Rencontre de L. (19 ans). Je n’en veux plus de cette société qui, prétendant protéger, casse les humains en petits morceaux. L. s’est acquis des certitudes qu’il est absolument incapable de valider. Ludovic est au sommet de la détresse sociale et affective. Tout lui manque : des relations simples et sincères, un toît sur la tête et un minimum de subsides. L. a soif d’apprendre, les études et la culture lui sont inaccessibles. Ludovic est un jeune animal blessé avec comme principaux repères les institutions dans les quelles il a grandi et dont il ne veut plus. L. n’arrive plus à faire la différence entre les copains, les amis, les amants tellement il est en manque ! L. passe de mirage en mirage, dans un environnement aride, avare, les ressources confisquées et on ne l’a jamais prévenu et préparer à l’autonomie.
Pourtant L. a du talent. Ses premières pages sont, certes teintées de pudeur, mais sincères. Il a réalisé un film. Dans ses yeux, souvent la lueur du poète. L. veut travailler mais sa volonté s’émousse. La psyché de L. est pleine de cicatrices et des plaies y sont béantes.
Depuis quelques jours, nous sommes deux à être très inquiets pour lui, attentifs, disponibles. Ludovic ne nous entend qu’à moitié. L. n’arrive plus à faire confiance. Que retiendra-t-il de l’entretien qu’il aura demain avec un travailleur social de la mission locale ?
L. n’est pas un phénomène, ni un objet, ni un n°. L. est d’abord et avant tout un être humain, jeune, en pleine errance et déjà tout cassé. La société est en train de gâcher la vie de L. ! Et cela m’est insupportable.
Après le spectacle au grand stade de France, (une daube prétentieuse en hommage à Jules Verne !), je propose à L. de l’accompagner jusqu’à chez D. qui l’héberge, mais qui n’est pas là. En deux minutes, cela ressemble à un vaudeville de tapioles ! Pitch : L n°2, l’ex le plus frais de L. croyant bien faire, il en rajoute une couche et présente L n°2 à D. Entre ces deux là, les atomes sont plus que crochus ! Mais L n°2 s’inquiète : que fait son ex avec un inconnu dans l’appartement de D. L tente de le rassurer « c’est un ami de D. ». Entre les silences et les redites, une demi-heure. Une fois le téléphone reposé, je tente une conversation. De part et d’autre, les cœurs se serrent et les gorges se nouent. D. m’appelle… L n°2 vient de prévenir D. que je suis chez lui. Et D. de me confier son désarroi, pour ne pas dire sa méfiance. Entre L. et moi, pas la peine d’insister. Il me raccompagne jusqu’à l’arrêt du tramway. D. me rappelle, c’est pire que ce que je pensais ! Le puzzle de L. continue à se constituer, fait de ses non-dits, de ses mensonges à ses proches et à lui-même, de ses plongées brutales dans l’angoisse. Les rares sourires de L. ne sont que de convenance. (Fin du pitch). Dans le tramway, j’ai les larmes aux yeux. Sa souffrance est contagieuse et ni D., ni L n°2, ni moi-même ne savons que faire, éloignées les uns des autres. Nous devons nous préserver et ne rien faire est insupportable. Autour de L, trois hommes attentif à ce petit homme blessé, pleins d’un mélange de compassion et de tendresse, pimentée d’une méfiance grandissante (c’est pratique !), tentant tout ce qui nous est possible de faire, l’écouter (surtout ses silences), lui dire des choses simples mais pleines de bon sens et se demandant de plus en plus ce que L. nous réserve !
J’ai suggéré à L, du bout des lèvres, à deux reprises, l’éventualité d’aller voir un psychothérapeute. J’ai dit, fortement, que si j’en avais après lui, ce n’était pas pour son cul (qu’il a, certes, fort joli), que si cela avait été le cas, je m’y serais pris autrement. J’en suis passé par tous les stades, la fermeté et l’autorité, l’attention la plus extrême, la tendresse, de simples interrogations… l’attente qu’il me tende un fil, pour l’aider à dénouer cette pelote si serrée, si pleine de nœuds. La charge est tellement lourde. A la différence du vaudeville, il n’y a pas de morale ! Ma colère va grandissante.
D. au téléphone le lendemain pour me dire : « L. ne veut pas te voir. L. n’entend pas. L. ne veut que de l’amour avec un grand A (+ un petit boulot !)… ». De l’amour, ni D., ni moi-même, sommes disponibles. Nous n’avons que de l’affection à lui proposer (de celle que l’on porte communément à un petit frère). L. a besoin d’un cadre, celui de ses parents sûrement, celui d’amis sincères et stables. L. s’est libéré d’une institution qu’il a jugé trop contraignante. Qui peut prendre en charge ce petit homme blessé ?
Voir : http://mrbig-life.com - mise en ligne du 24 décembre - 16h24
Mr Big : de la rupture et de la pudeur. Le couple a l’air de se stabiliser, un projet de PACS, Boxer, l’emménagement à Charleville – à deux ? – une année riche en évènements certes, mais quelle est l’explication de la rupture du couple ? Mr Big prévient « Il s'est vraiment passé plein de choses pour moi, des choses auxquels je m'attendais plus ou moins ». De quoi s’agit-il : d’une incertitude naissante, liée à la routine, à la banalisation de la sécurité et du bonheur (The cliché number one !) ? Mais Mr Big en sort, dit-il, plus fort. C’est de la maturation en accéléré ! Le lecteur aurait apprécié d’en savoir un peu plus sur Michaël, celui des quatre années de bonheur, celui avec qui l’utopie pouvait, semble-t-il, devenir réalité. Mais le bon temps revient toujours, fruit justement de la sagesse acquise. Et Mr Big garde son lot de pudeur profonde. Saura-t-on plus loin ce qu’il ne veut plus et ce qu’il ne fera plus ? Il ne veut point souffrir et désespérer, mais est disposé à payer un prix ! Lequel ? De quel nature ?
Joli deuil que celui qui consiste à arpenter tous les espaces à tapioles, les entre quatre murs et les virtuels, à se dépenser en dialogues infructueux, à constituer le Top 50 de la crétinerie tapiolesque… joli parce que finissant par «Je ne cherche plus aujourd’hui ; si ça doit arriver tant mieux... sinon faudra que je compose avec » (Enoncé d’un théorème à vérifier ?). Mr Big peut donc continuer à espérer au fond de lui. Tôt ou tard, les acquis de l’expérience en séduiront un autre et peut-être que Mr Big affinera ses exigences, en y mettant de la conciliation. Progresser seul, c’est bien ; à deux, c’est encore mieux, mais l’art devient complexe et les recettes sont subtiles.
J’ai, quant à moi, une exigence très importante, celle d’une curiosité intellectuelle au moins égale à la mienne. Sinon, je m’emmerde ! Peut importe l’âge, le look, le physique même. C’est dans les yeux de l’autre, dès les premiers regards échangés, que je mesure la vitalité de ses neurones. Me remettant en question dès que l’occasion se présente, j’en attends tout autant de l’autre. Et ce n’est point dans l’idée de « prends ma route » ou « je me laisse guider », mais plutôt dans celle de « balisons le chemin ensemble ». Voilà le principal enseignement que j’ai tiré des… quatre relations qui ont compté pour moi : (dans l’ordre) Christophe, Michaël, Jean-Pierre et Thierry, ce dernier étant encore dans mon premier cercle dans une relation toute simple (nous ne sommes plus amoureux !) et la rupture avec Michaël m’ayant laissé la plus grande des cicatrices.
Tes statistiques sont généreuses. Des 1% de « mecs qui tiennent la route », dans un demi-siècle, tu n’en retiendra qu’une poignée qui auront vraiment compté pour toi !
Que Mr Big précise en quoi les dernières tentatives, des 33, 38, 35 ans, lui font peur ? Et qu’il dise ce qu’il veut ! Je suis presque convaincu que la question de l’âge est secondaire ! Mais, sa motivation et sa détermination peuvent elle être entretenue avec le théorème : « Hypothèse : Je ne cherche plus l'homme de ma vie, je l'attends. Démonstration : Mais je fais ma vie tout seul, et je veux être heureux seul ou avec un petit copain gentil et si il doit arriver un jour, ce fameux prince charmant. Et bien il sera bien reçu, je l'engueulerai quand même d'avoir mis aussi longtemps à arriver. S’il ne vient pas... Il faudra bien que je trouve mon bonheur quand même. Je ne vais pas attendre de voir s’il arrive ou pas pour ça... Je veux être heureux, et je vais l'être et… Conclusion : Dès aujourd'hui, le prince charmant sera la cerise sur le gâteau » ?
Je te souhaite que des choses fortes et les plus inattendues, dans tous les domaines. Une belle vie est ainsi faite : pleine de tournants et de remises en question, de découvertes et de surprises, de réalisations et de performances… Je crois en ta détermination parce que je te sens disposé à, non seulement, reconnaître tes défauts mais aussi à y remédier. Je te souhaite de l’exceptionnel ! Et j’espère que des êtres exceptionnels, tu en croiseras encore quelques uns ! Nous en sommes ! (Ce n’est pas une prétention pour séduire Mr Big). Je ne suis pas n’importe qui à venir sur ton site. J’y trouve, (retrouve – parce que tu te poses les questions que je me suis posées dans les mêmes termes il y a vingt ans et que je m’interroge encore !), les états d’âme d’un gay, jeune mais mûr, au physique décalé, avec une sincérité rare et une générosité prometteuse… un être que je compte dans les exceptionnels !
C’est de plus en plus une évidence. Toi et moi sommes de ce groupe hors norme, loin des poncifs de l’esthétique tapiole. Nos désirs et nos fantasmes ne sont pourtant pas différents mais l’attrait que nous pourrions avoir sur les autres garçons est beaucoup plus complexe. Dans ce monde de représentation, nos constitutions, physique et mentale, peuvent provoquer du dégoût, du mépris, de la fascination, une attirance perverse, un amour immense, démesuré, tout à la fois, confusion du père, du frère, de l’amant, mais jamais de l’indifférence… ! Toi et moi, avec d’autres, formons un groupe exceptionnel, qui n’entre dans aucunes statistiques. Nous ne sommes pas une élite ou une communauté à part des autres. Nous sommes noyés dans la masse des tapioles, dans tous les genres. Nos poils, nos regards, nos volontés constituent une force qui leur fait peur. Et c’est pour cela que c’est si difficile de trouver pour chacun un prince charmant !
Affectueusement à Fred, alias Mr Big
Bientôt quatre mois que je ne m’étais pas épanché dans mon blog. A cela une raison très simple. L. est définitivement rentré dans ma vie. A sa manière et pas du tout comme je le voulais ! Mais c’est chose faite, j’ai l’ai rajouté à ma fratrie. Quant il est arrivé à la maison fin janvier, rien n’a été simple. Un garçon brut du décoffrage institutionnel, gauche à plein d’égard, avec l’envie furieuse de vivre une vraie vie ; un archétype de rupture, celle d’avec sa famille, d’avec l’institution, tenté par le refuge communautariste. Ce qui m’a surpris chez lui, c’est la graine de talent. Il parait que tout le monde en a une, mais L. tient particulièrement à que la sienne germe. Me voilà partageant le quotidien avec un garçon, cinéphile et attaché l’exercice de l’écriture. J’apprécie particulièrement ces longs moments de lecture et de correction que nous partageons. L’intimité a alors une saveur très particulière, celle de l’ascendance. Quant je rencontrais L. l’automne dernier, les blessures étaient béantes et suintantes du manque de tendresse et d’attention. Il était à la recherche d’une alternative à l’autorité (il l’est encore), de quelque chose (quelqu’un) qui le ressource. J’étais disponible et disposé… et étais entièrement à lui !. Je me suis lâché à donf ! Un nouvel (et très jeune) amant impossible. Il en a décidé ainsi. Je reprends la blog-édition en partie pour lui. Cette reprise, c’est pour faire l’aveu d’un couple impossible parce que trop extraordinaire, ne correspondant en rien aux aspirations les plus basiques, ni les siennes, ni les miennes… En fait, son désir n’existait pas. C’était une très grande audace de sa part que de tenter de vivre le contraire ; et une folie de la mienne que d’insister !
Il me revient ce texte de René Char après avoir échangé sur mon site préféré de « rencontres » avec une créature souriante.
« Dans ces jeunes hommes, un émouvant appétit de conscience. Nulle part des étages montés et descendus si souvent par leurs pères. Ah ! pouvoir les mettre dans le droit chemin de la condition humaine, celle dont on ne craindra pas qu’il faille un jour la réhabiliter. Mais Dieu se tenant à l’écart de nos querelles et l’étau des origines sentant ses pouvoirs lui échapper, il faudra exiger des experts nouveaux une ampleur de pensée et une minute d’application dont je ne saisis pas les présages. »
In Fureur et mystère.
Pseudo : *METAMORPHIC*
Numéro de membre : CAC553
Prénom : Vous pouvez répéter la question ?
Message : Vie d'débauche, SwaRée d'drOgué, LE FILS A PAPA VS EMMERDE _ Enfant d'une génération ratée qui ne pensait qu'à rêver _ Je ne suis pas encore suffisamment con pour coucher avec toi alors n'essaie meme pas _ Allumeuse, Allumeuse, OoOh OUI _ xxx l'ephemere devient eternitée xxx
Localisation : France > Midi-Pyrénées > 31 – Haute-Garonne
Ville : Toulouse (31000)
Echange autour de minuit.
Moi : Jeune homme, votre nombril vous va à ravir ! Et la vieille peau que je suis attend beaucoup de votre génération... Sois optimiste !
Lui : attendre quelque chose dans quel sens ?
- De faire en quelque sorte que nos acquis ne soient pas mis à bas par Boutin, Sarko et autres fachos... que vous entreteniez l'art du rire et de la dérision, que cette planète reste encore quelques temps vivable... Mais les tapioles sont égoïstes (sans enfants... sans lendemain...) Je suis une chienne radicale !
- Ca en fait un beau discours! Mais celui ci doit s'appliquer a tous pas qu'aux PDs mon ami !
- Absolument... Mais n'oublies pas une chose, mes soeurs de luttes sont mortes d'un vilain virus et de beaucoup de conneries ! Le discours est facile (quoique). Tu dis quelque chose comme "je m'emmerde". Des actes alors !
- Ah mais sache que le vilain petit virus n'est pas arrivé tout seul, alors je veux pas faire les sans coeur mais faut cesser a moment donné de se plaindre et de se montrer un peu intelligent car si tu couches pas avec n'importe qui alors y a pas de petit virus!!! Et non je dis pas « Je m'emmerde » mais « Je t'emmerde »! Grosse nuance.
- Décidément, il y a vraiment un travail de mémoire à faire. Je dis ça parce j'ai déjà lu ou entendu ta réaction. Je n'avais pas lu la "grosse nuance". Elle me plait bien !
- Ah bon? Et ou as tu lu ou entendu ma réaction ?
- Dans la bouche d'un amant de 18 ans ! Dans les mails que je reçois, dans les interpellations que l'on me fait...
- Ben c'est que ça doit pas être si stupide alors
- Cela ne l'est pas en effet. Juste que je constate qu'une partie non négligeable de "notre" histoire est ignorée !
- Quoi notre histoire ? Il n'y a pas de notre histoire !!!
- « notre » au sens de celle d'une communauté, même si celle ci ne veux plus dire grand chose aujourd'hui.
- Mais je suis désolé je me sens pas concerné par cette fameuse communauté
- Moi itou, après l'avoir été quelques temps (c'était... pratique, comme une galerie marchande ou un catalogue de vente par correspondance !)
La machine : Votre interlocuteur vous a répondu "je suis désolé j'ai pas très envie de débattre de tout ça. Content d'avoir fait ta connaissance, bonne continuation" et a clos la conversation...
Djinn danseur à queue courte
Pour Yassine
Croisé une famille bessebège sur la route. Monsieur, Madame, leur fils et un autre jeune homme, n’ayant pas l’air du frangin mais plutôt du copain. Le premier garçon marche au côté des parents, le second à une dizaine de mètres derrière, l’air accablé. Au moment où je le croise, nous échangeons un sourire qui me surprend. 20 minutes après, faisant le chemin inverse, j’aperçois les silhouettes des deux jeunes gens, marchant nonchalament sur la petite route qui grimpe… main dans la main ! Je les dépasse et le copain m’adresse rapidement un deuxième sourire, cette fois plus discret. Deux cent mètres en amont, la mère penchée sur le talus observant peut-être une de ses nombreuses structures en forme d’entonnoir que les araignées installent entre les ronces, les genêts et les chardons bleus. Enfin, encore un demi kilomètre plus haut : le père. L’homme marche d’un pas vif. Il a l’air plus soucieux qu’ayant plaisir à la promenade ; énérvé même ! Cette ballade familiale prend la tournure d’une bérézina. Ce quinqua ordinaire, aurait-il réalisé (enfin) que sont fils est PD ? Et c’est toutes ses vacances qui sont alors une catastrophe ! Le fils doit jubiler et c’est tant mieux !