Vendredi 19 décembre 2008

Une ferme grasse dans un village improbable.  Un dimanche de décembre, fin du repas de famille. Le Saint-Honoré que Mamie a rapporté après la messe est devant le père qui s’apprête à le servir. C’est le moment que Marc choisi pour dire « Et alors ! Moi aussi je suis pédé ». Rapport à la sortie du père la veille devant « On n’est pas couché ». Ruquier et Stevee jouaient les dindes. Comme d’hab, pensait Marc. Le père : « A ton avis Marc, lequel des deux a sucé l’autre ? »

Le père lève les yeux, la pelle à gâteau en suspend au dessus de la table. Sa face se met à rougir. Fixant la chantilly qui vacille, les yeux exorbités, il s’écroule ; le visage écrasant le dessert. Mort.

Le fils ainé se lève et, en deux pas, attrape la carabine sur le râtelier au dessus de la cheminée ; se retourne et tire. Marc est assis à gauche de sa grand-mère. Celle-ci  s’écroule à son tour. Sur son petit-fils, la poitrine déchirée par la balle. Poussant la morte sous la table, renversant sa chaise, se prenant les pieds dans le chien qui, au coup de feu, s’est mis à aboyer, Marc se précipite dehors. Sa mère, sa sœur, sa future belle sœur, son frère sont pétrifiés.

Il fait un froid de canard. Une vache se prononce dans l’immense étable attenante à la maison. Marc se retourne et s’attend à voir surgir un membre de sa famille. Le frère peut-être qui aura juste pris le temps de recharger le fusil.

Rien ne se passe. Il se les pèle, en chemise, le tissu collé à la peau par le sang figé de grand-mère.

Il entend du bruit dans l’appentis ou ronronne la chaudière au fuel.  Hébété, il s’y dirige, ouvre la porte et trouve son frère, couvert de mazout. Le bouchon de la cuve est au sol et celle-ci se vide dans la pièce à gros bouillons. Le frère fixe Marc droit dans les yeux, lui présente le briquet qu’il avait à la main et l’approche de son pull - celui-là même que la pétasse qui va finir par lui servir de belle-sœur lui avait offert l’année dernière, pense Marc. Il recule de dix pas dans la cour, glisse et tombe, assis dans une énorme bouse fraiche. « Joyeux Noël » pense tout haut le jeune homme à l’adresse de sa famille, et de la terre entière.

Entre noël et le jour de l'an, un des pompiers (le plus jeune évidement) qui avait transporté Marc, brûlé au deuxième degré après l'explosion, lui rend visite à l'hôpital. Avant Pâques, ils sont pacsés.

Par Vespa - Publié dans : Productions - Communauté : Homo sensualité ..
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